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Lecture de la semaine : Je ne te pensais pas si fragile

Je ne te pensais pas si fragile est un roman qui raconte la difficile épreuve du burnout. Ce qui en fait sa particularité, c’est sa dimension autobiographique, car il s’inspire directement de l’expérience de l’auteure, Kikka. Il raconte le plongeon de Clotilde dans les mois les plus noirs de sa vie, ceux où elle a sombré dans le burnout. 

L’histoire d’un burnout 

Je ne te pensais pas si fragile débute sur une image forte, celle d’un cauchemar de Clotilde, habité par un homme à la cravate bleu canard. “Clotilde ! Dans mon bureau !”. Réalité ? Hallucination ? En fait, Clotilde est en clinique psychiatrique, où elle a été admise pour un burnout. Le roman raconte comment cette mère de famille hyperactive, salariée surmotivée, accepte un nouvel emploi au sein d’un groupe de cycles Neerlandais.

D’une salariée sur-motivée à la descente aux enfers

L’opportunité est de celles que l’on ne refuse pas : un poste à responsabilités, un secteur à développer, le tout avec carte blanche de son supérieur qui lui voue une entière confiance. Clotilde rencontre le succès dans tous les projets qu’elle entreprend. Mais au bout d’un an, les choses se compliquent. Son supérieur quitte le navire pour être remplacé par un nouveau manager au style particulier. Pour Clotilde, les ennuis commencent. 

Franchir une limite

Dans “Je ne te pensais pas si fragile”, le personnage de Clotilde est celui d’une femme volontaire. Elle porte haut son ambition de réussir à faire carrière tout en étant une mère présente et aimante, à la vie de couple épanouie. En réalité, Clotilde est beaucoup de femmes et d’hommes d’aujourd’hui. Engagés, volontaires dans le travail, ils ne voient que trop tard qu’une limite a été franchie. 

Je ne te pensais pas si fragile : à quel moment cesse-t-on d’encaisser ? 

Le burnout, Clotilde a glissé dedans sans le réaliser au départ, comme beaucoup d’autres avant elle. L’auteure parvient à trouver les mots justes pour décrire la descente aux enfers, entre doutes, désir de reconnaissance et culpabilité. “Je ne te pensais pas si fragile” : des mots qui illustrent une double culpabilisation. Celle que l’on s’inflige soi-même parce que l’on ne se pense pas à la hauteur de nos propres exigences. Mais aussi celle qui vient d’un employeur ou d’un manager aux attentes irréalistes. 

Le burnout : une maladie

En 2019, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a reconnu officiellement le burnout comme une maladie. L’Institut de Veille Sanitaire (InVS) affirme d’aujourd’hui que 30.000 personnes seraient touchées en France. Mais d’autres avancent des chiffres encore plus conséquents. Le cabinet Technologia, spécialisé dans la prévention des risques professionnels, mentionne près de 3 millions de personnes touchées. Les risques de burnout existent pour toutes les professions. Il touche autant les professions médicales que les ouvriers, salariés ou chefs d’entreprise. 

Être performant, ce n’est pas être surhumain

Je ne te Pensais pas si Fragile est une sonnette d’alarme. Elle rappelle à tous que personne n’est à l’abri du mal-être au travail et du burnout. Parmi les défis les plus importants pour l’éviter figure un pour certains difficile à mettre en application : celui d’apprendre à s’écouter. Être engagé et productif ne doit pas impliquer de se pousser à bout en essayant d’être un super-héros. Aussi, il faut apprendre à connaître ses limites pour savoir quand dire non, mais surtout apprendre à se pardonner. 

Je ne te pensais pas si fragile, roman publié par Eyrolles, 272 pages, paru le 14 janvier 2021

Mélanie Le Guen

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